Interrogé sur son parcours, Christophe Delabre en parle avec une
simplicité presque désarmante, comme s’il s’agissait d’une évidence plus que d’un chemin artistique construit.
Il explique : « Menuisier, ébéniste de formation, le travail du bois m’a toujours attiré et ce depuis mon plus jeune âge. J’ai tout d’abord commencé à sculpter au couteau de petits sujets et
continué naturellement des sculptures plus imposantes.
En 2020, j’ai ouvert mon atelier en partenariat avec IDFN (Île-de-France Nature) au sein du bois de Brou-sur-Chantereine, où je peux pleinement m’exprimer sur des sujets beaucoup plus grands. »
Cette présentation sobre et factuelle dit pourtant beaucoup plus qu’elle ne le laisse entendre. Car dans ses sculptures, Christophe Delabre ne se contente pas de travailler le bois : il dialogue avec lui. Chaque pièce semble naître d’une écoute attentive de la matière, de ses fibres, de ses tensions et de sa mémoire. Son inspiration puisée dans l’art polynésien se manifeste moins comme une référence formelle que comme une filiation spirituelle, où le geste est porteur de sens et la sculpture, un langage.
Les figures qu’il façonne évoquent des visages ancestraux, des présences tutélaires, presque totémiques. Le bois, laissé volontairement expressif, conserve les traces du travail manuel et du temps, renforçant l’impression d’une œuvre enracinée, presque rituelle. Entre force brute et finesse du détail, son travail affirme une écriture singulière, à la fois contemporaine et profondément connectée à des traditions sculpturales anciennes.
Implanté au cœur du bois de Brou, son atelier apparaît comme le prolongement naturel de sa démarche artistique. La nature environnante nourrit son imaginaire et confère à ses œuvres une dimension organique et vivante. Ainsi, derrière la modestie du discours, se révèle le parcours d’un artisan devenu sculpteur, dont le travail interroge notre rapport à la matière, au temps et aux formes premières.